Marie Jo
Je vous invite à jeter un œil à un site d'art contemporain (dont je suis fan) et qui est magnifique...
Marie Jo Lafontaine, mon amie.
Je vous invite à jeter un œil à un site d'art contemporain (dont je suis fan) et qui est magnifique...
Marie Jo Lafontaine, mon amie.
Quand donc est-il arrivé ce moment où j’ai déposé mon dernier petit galet gris rayé de blanc au terme d’un long rêve bleuté?
Je ne me souviens pas bien, mais c’était avant le Pavillon K de Sainte-Anne, dans les brumes éthyliques de mes dernières années - il y avait la terrasse aux bambous qui me réconfortait le soir venu dans l’épaisse chaleur d’un été parisien.
Je vais, d’ailleurs, peut-être la quitter cette terrasse, migrer vers le Nord, le 19 ème... aux couleurs et odeurs loin, très loin d’ici.
C’est un peu l’Afrique là-bas.
En même temps, cela m’angoisse de quitter ces trente dernières années comme ça, d’un claquement de doigts, car oui, voilà trente ans que je vis ici, dans ce coin perdu du Sud.
Parfois j’ai du mal à prendre une décision dans la minute...
La réponse demain...
Je m’en doutais, d’ailleurs je te l’avais dit Méli, passer d’un litre de vin par jour à une cure de thé au citron, de 30 cigarettes à zéro... ne manquerait pas de nuire à mon inspiration... Lol
Cela dit, il mes reste les petits matins, pendants lesquels je prends quelques notes, du genre “Tiens Xavier Darcos ferme son blog, sans doute victime des spams lycéens...” Une bonne nouvelle donc!
“Cela s’appelle l’aurore” est la dernière réplique du film de Jean Luc Godard “Prénom Carmen”. Je pense souvent à ce film le matin embué, les rideaux encore tirés. Je me souviens très bien de ce plan où on voit la neige sur l’écran de télé de la chambre d’hotel, et une main s’y ballade sensuellement sur une musique de Tom Waits...
Je repense à un rêve, retranscrit en 1990. Le voici, retrouvé dans les Cool Memories de Jean Baudrillard.
... cette femme que je regarde, je ne la reverrai jamais. trop jeune sans doute blonde lycéenne sûre de son charme livrée à sa peur de savoir, fuyante - émouvoir, attendre, provoquer, s’enfuir. elle lève le bras, trop lentement, pour que le bus d’arrète bientôt. s’interrompt hésite regarde autour furtivement, la question, ce que je suis là, devient pesante, le geste suspendu comme on dit d’un ciel qu’il est lourd. elle meurt, donc tout ce qu’elle fera désormais sera important. comme dire d’une chanson qu’elle a changé sa vie. ou que la peau d’un homme la bouleversera, ne pas savoir serait un début.
Voilà. Aujourd’hui je n’ai pris aucune note. J’écoute en bloc le Crève Cœur de Daniel Darc, digne héritier du Velvet Underground... mais ça, c’est une autre histoire!
l y a quelques jours, j’étais sur mon tabouret Bistro 69.
Un type (Arnaud) est entré dans le Bar, alors que j’en étais à mon 2ème thé. Il a commandé une Leffe, il était 6 heures de l’après-midi.
Enjoué, open, il a parlé à Fanfan, ce qui la faisait s’en foutre, bien habillé, cheveux tirés en arrière, chemise ouverte sur un torse bronzé.
On aurait pu en rester là.
Mais voilà qu’Arnaud s’est intéressé à moi... J’ai un instant cru qu’il me draguait, mais que nenni, il avait besoin de parler, n’ayant plus d’amis que dans les bars... Triste perspective...
Je pensais à 1000 autres choses, les 2000 flics pour amener la flamme olympique à Athène, Portishead a 10 ans discrets dans mon iPod, mort d’Ingrid Bétancourt... Pas grand chose en quelques sortes.
Mais voilà qu’à sa 2ème Leffe il s’adresse à moi, contrit, gêné.
Il commence à se livrer, il se fait larguer par sa femme. En fait il a découvert qu’elle drague sur Meetic... Faut dire qu’il bosse de 7 heures du matin à 22 heures du soir, rien d’étonnant non?
Bref, grave erreur, je compatis au lieu de le rabrouer... Je marche sur des braises... Et le voilà qui commande sa 3ème Leffe, qu’il est bourré, qu’il a faim, qu’il veut m’invîter à manger une pizza, se raconter, etc...
Certes je suis compatissant et lui sophistiqué. Deux continents. Pas envie ce soir de faire l’assistante sociale. En plus il a bu, et pas moi.
D’ailleurs je n’ai pas faim... Il m’invite à le suivre, je refuse...
Qu’auriez-vous fait à ma place..?
Je vous écris du bout du monde, de mon village, Paris XV.
Ça sent le bitume mouillé le matin à Paname. Ce village, sur les hauteurs du Sud, est tout petit. Il s’étend de chez Patrick, le buraliste qui se bourre la gueule tous les soirs et donc n’ouvre pas le matin. Je n’y vais jamais, son café est infect.
L’autre frontière, c’est le Marigny, près du tramway qui me sert à aller à Chinatown m’envoyer un bo bum dans les halls d’immeubles de la porte d’Ivry. Endroit magique.
Côté Ouest c’est le parc Brassens, là où les joggeurs vont jogger le dimanche au lieu d’aller à la messe. Moi je suis un bobo, je vais chez Poilane acheter mon pain de seigle.
Le lieu central, névralgique de mon village, c’est le Bistrot 79, chez Françoise, une chinoise qui s’habille en cuir! Elle est adorable, pas du tout le genre fashion victime, le genre grand sourire par tous les temps... Un amour! J’y passe le creux de mes heures creuses.
Faut dire que là, on ne s’ennuie pas, nous les passagers du jour!
Y a du monde, des caractères genre Raoul de chez les tontons. Fine fleur du bitume, poulbots à repasser les plats. Plats... disons alcoolisés... hum, j’ai l’air malin parfois avec mon thé au citron!
A suivre...
Il n’y a rien après la mort.
Quand yu réalises cela, tu relativises. Tu comptes les petits bonheurs de la journée, tu fais le bilan des insta,ts suspendus.
Finalement, tu es un demi-noyé qui vient s’échouer sur une rive glaciale.
Brusquement, il est quatre du matin et tu n’as plus de médocs pour dormir. Alors tu relativises. Des images, une main dans ses cheveux, tu caresses sa cuisse, elle baise ton poignet et sa cicatrice.
Il n’y a rien après la vie, tu crèves -- point barre. Parfois c’est une urne que tu vas déposer sur une tombe, parfois une bruyère. De toutes façons c’est une histoire qui finit. En terre.
C’est à ça que je pense en voyant tes mains aux ongles mal coupés.
Je viens de recevoir un mail qui me demande pourquoi je n’écris plus ici. Un mail d’une personne chère. Disons que, après une longue période d’errance, je reviens à mon rythme...
Il pleut ce soir, il est dix-huit heures, Paris est désert. Une nouvelle année a commencé dit-on, et Carla Bruni s’amuse beaucoup (moi aussi).
J’en ai marre des aventures, je veux du solide, de l’attachant. Pour 2008.